Durant la guerre contre les Prussiens, environ 80.000 Bretons furent mobilisés pour constituer "l'Armée de Bretagne". C'était une armée constituée de volontaires des cinq départements de la Bretagne historique. Ces mobilisés bretons, formant l'armée de Bretagne, sous les ordres du général de Kératry, furent rassemblés dans le camp de Conlie (près du Mans-72). Mal vêtus, mal équipés, mal armés, non entraînés, contraints de monter leurs tentes dans un terrain récemment labouré, devenu bientôt fangeux, sans aucun approvisionnement, tant alimentaire que d'ordre militaire, ils furent bientôt la proie de maladies (fièvre typhoïde, variole...). Gambetta les considérant comme des Chouans potentiels, il n'équipa qu'une infime fraction des troupes avec à peine plus de 4.000 vieux fusils à percussion de types divers parfois rouillés, dont les plus modernes étaient des Springfield de la guerre de Sécession. De plus, ils furent dotés de munitions hétéroclites qui parfois ne correspondaient pas à leurs armes, ou dont la poudre avait été "délavée" par l'humidité et se révélaient incapables de faire feu. Dans le pire des cas, certaines de ces armes explosaient au moment du tir, s'avérant plus dangereuses pour leur servant que pour l'ennemi. Indigné par le sous-équipement de ses troupes et les conditions sanitaires déplorables qui leur étaient imposées, et n'obtenant pas de réponse satisfaisante du Gouvernement de Défense Nationale, Keratry demanda à être relevé de son commandement.